WillyFogg.com - Product Search Engine   Worldwide    English    USD
Countries: 128
Languages: 120
Currencies: 57
  Stores: 54,357
Manufacturers: 24,568
Products: 4,475,172

  




Para One ¨Epiphanie¨ cd album

Para One ¨Epiphanie¨ cd album
Price USD 18.41
EUR 12.90
Seller Arcade Mode

PARA ONE
Epiphanie
CD album

Certains disques sont à ce point radicaux et violents qu’ils pèsent sur l’histoire et la brisent ; ils la contraignent à une fourche et lui imposent leur cap comme le seul possible, quitte à mener dans le mur. D’autres se contentent de se poser sur telle ou telle branche et de la prolonger : c’est la musique de genre, celle qui, profitant d’un départ lancé, s’inquiète moins de pousser le moteur. D’autres encore, qu’on pourrait dire revivalistes ou révisionnistes, remontent le temps jusqu’à l’un de ses embranchements et choisissent l’autre direction, déployant une histoire parallèle, parfois stérile et nostalgique, parfois belle, opportune et rédemptrice. Il est un dernier type, plus difficile à repérer, plus rare et pourtant plus précieux que tous ceux-là. Ce sont les disques qui forcent l’histoire à se ramifier, imposent la variation, mais présentent une série de futurs possibles et n’en décrètent aucun. Il est temps de changer. Les corps anciens sont épuisés. C’est le matin ; le monde est jeune. Ce que nous voulons : toute une penderie de corps nouveaux, tous distincts, tous flamboyants. Pas un nouvel uniforme, fût-il fluo. Ces disques ne fabriquent pas de suiveurs, ils ne lancent pas de modes, ils lancent des mouvements. Ils donnent à entendre le temps qui se divise, l’histoire qui se fractionne, tout en affirmant que le futur n’appartient à personne. L’espoir est dans le club. EPIPHANIE c’est ça.

Trois frères batteur, guitariste et chanteur pour l’introduire au rock classique type Deep Purple/Pink Floyd, une mère amatrice de piano pour le classique tout court, deux sœurs pour se charger du rap, un cousin pour l’éducation aux musiques synthétiques. Ce sont les étoiles familiales qui les premières ont esquissé, dans le ciel de Para One, les constellations essentielles. NWA, Public Enemy, De La Soul, Geto Boys, Ministère AMER, Drexciya, Cybotron, Mr Fingers, Dee Lite, Madness, Taxi Girl, Chopin et Pergolèse — et qu’ils aillent se faire foutre, ceux qui trouvent ça poseur.

De débuts précoces dans le rap dit de banlieue, Para One a retenu le sens de la compétition : plus loin, plus vite, plus mordant. Une exigence aussi : ne pas se payer la honte. À l’époque où il produisait pour le groupe monté avec ses amis de la cité voisine, il fallait rivaliser avec la funk de caillera matraquée par le DJ de chauffe. La funk, comme on disait alors, qui préfaçait tous les concerts de rap, à Chambéry comme ailleurs. EPIPHANIE porte plus que des traces de cet impératif rap immédiat/dance mélodique alpine. Cette demande utilitaire, relayée par l’exemple d’efficience métronomique des premiers Daft Punk, on l’entend dans le brutalisme 4/4 de TURTLE TROUBLE, dans le scintillement microminuté de PISTE BLEUE, dans le vocoderfunk cliqué de NOBODY CARES, dans la machine gymnique tropicale de DEF TEA MACHINE. L’horizon de ces morceaux c’est la boîte, la piste et le moment où les danseurs bougent qu’ils le veuillent ou non, manœuvrés par les spots, les drogues et le son.

Mais tout ça est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Dans les années 90, Para One découvre la frange technologique du répertoire contemporain, l’eurodance, la techno, la house, via les cassettes exigeantes mixées par son cousin (Saint Remy, d’Initial Cuts). Cette musique l’exalte et le terrifie ; c’est de ce premier heurt dont on entend aujourd’hui rouler l’écho. Detroit, Chicago, c’était d’un côté des leatherqueens armés de casques de moto et de chaînes qui te coursent dans la nuit pour te faire le sourire de la mort et de l’autre la beauté absolue d’un projet redoutable, inhumain, anticatholique, amoral. Le regard fixe du robot qui ne cherche qu’à voir, l’œil qui fait seulement son travail d’œil et ne signifie rien. L’homme cherche ; l’algorithme trouve. La chair qui survit à l’épreuve du chrome est une chair résolue, veinée de plexiglas, en excellente santé, puissante et fraîche et surtout pas fébrile.

La musique de Para One est fonctionnelle et fière de l’être mais pas soluble dans la sueur. Son office ne s’abolit pas quelque part entre le pied du morceau et ceux du danseur, une fois qu’elle lui aura permis d’abdiquer toute responsabilité, le temps de détruire le dancefloor. EPIPHANIE ne masque pas la violence d’une telle possession mais la regarde en face et l’exhibe. Les quatorze titres de l’album se doublent presque tous d’un envers sombre et terrible, à la mesure de leur efficacité. Ils sont impitoyables, ils sont plus forts que nous, un peu comme Musclor, et nous le font savoir, un peu comme dans MUSCLOR. Il y a quelque chose d’enivrant et de terrifiant à la fois quand, dès les premières mesures, on se sait impuissant à résister à la section rythmique de DEF TEA MACHINE. Nos émotions, à voir débouler ce groupe à pied de Carnaval binaire, ce défilé convulsif et martial de soldates tourettiques, sont immédiates mais complexes. Section rythmique, section d’assaut. Et remarquez comme l’afflux massif de joie mélodique de DUDUN-DUN rétribue près de deux minutes de bravades et brimades. Voyez comme dans SAGES-FEMMES la menace enfle et enfle au point qu’on se dit, lorsqu’elle déferle enfin : « S’il doit y avoir une guerre, qu’on la déclare maintenant, parce que pas moyen que je n’y survive pas », certitude éprouvée dans l’instant, sous un feu roulant d’edits, par quarante secondes de dépense bruitiste. Et CLUBHOPPN qui d’abord tressaute gaiement d’un environnement acoustique à l’autre, saute de club en club, puis se démonte et s’égaie en une volée de glitches avant de se rassembler pour une dernière ligne droite mi-nostalgique, mi-conquérante. Si à propos de cet album les mots épique, héroïque ou romantique reviennent si souvent c’est qu’il suscite infiniment plus d’émotions que la moyenne et qu’elles sont, les vraies émotions, rarement unes, indivisibles et limpides, mais toujours ambiguës, troubles et mêlées. Pourquoi se satisfaire de 20, 30 % de vie ? Tiens, en voilà 70, en voilà 80, 90 %.

Alors oui, il y a mille sentiments à la seconde, trente mille idées par morceau, certaines occupent la scène pendant plusieurs mesures, d’autres s’évanouissent si vite qu’on n’en capte que le sillage. Les machines sont poussées jusqu’à la rupture ; les plugins s’activent en coulisse ou sautent sur le podium comme une armée industrieuse chorégraphiée par Busby Berkeley. Il y a une chaîne de montage automobile à Sao Paulo. Il y a un hymne à Ibiza qui shuffle dans le sable : MIDNIGHT SWIM. Il y a F.U.D.G.E., sommet electremo, baume pour ton cœur incandescent, chanson d’amour et de vengeance toute en arpèges vocaux. Il y a le magnifique LES SOLEILS ARTIFICIELS, une minute trente de nostalgie pour un futur lointain. Il y a BOBBLE à l’autre bout du temps, du côté fulgurant, faussement innocent et perplexe de l’enfance.

Il y a des morceaux à satisfaction immédiate, d’autres à ravissement différé, certaines nappes recouvrent des lames de rasoir, certains pièges se désamorcent en un clin d’œil, d’autres explosent au moindre effleurement, emportant le bomb squad. Tout sonne absolument nécessaire, tout oscille entre bâclage et raffinement, le subtil est brisé par le grossier, l’intelligent par le bête. Il y a un morceau composé dans le train entre Kobe et Tokyo, un autre entre Reims et Paris.

Il y a de la techno nouvelle nouvelle école, du hip hop instrumental type Panzer, du rap à sirène West Coast featuring TTC en mode vendetta. Il y a LIEGE, ou l’electro de Detroit distillée et redistillée jusqu’à l’essence. Il y a six monstres dancefloor calibre Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens — sept. Un des morceaux est fait pour s’écouter à fort volume en marchant dans la ville, bien habillé. Il y a d’un côté Cuizinier qui hurle « 200006, Para One : tout le monde vient habillé et tout le monde part à poil », et de l’autre le panorama arctique majestueux et hautain de SKI LESSON BLUES. On voudra se marier sur MIDNIGHT SWIM, perdre sa virginité sur F.U.D.G.E., tuer son voisin sur MUSCLOR, mourir sur SKI LESSON BLUES.

C’est Paris la nuit puis l’aube, la boîte ferme dans ton dos, c’est une sorte de fatigue pure : tous tes amis étaient là ; une sorte d’ivresse lasse et pure, les murs sont frais sous ta paume, il est six heures à Paris, tu mesures le point de rosée du béton.
C’est un matin d’hiver ensoleillé, il a neigé dans la nuit, les cristaux en suspension te rénovent à chaque inspiration, dans le ciel les Mirage 2000 frisent le bleu.


tracklisting
01. Piste bleue
02. Turtle Trouble
03. Midnight Swim
04. F.U.D.G.E.
05. Dudun-dun
06. Musclor feat. TTC
07. Def Tea Machine
08. Les Soleils artificiels
09. Sages-femmes
10. Liege
11. Clubhoppn
12. Nobody Cares
13. Bobble
14. Ski Lesson Blues

Artwork by Akroe.

WillyFogg.com doesn't sell any of the products listed on our site.
To buy a product you need to use the link provided and visit the seller's site.




  
Similar products
Jack Cryer - The Way I Feel CD Album
Jack Cryer - The Way I Feel CD Album
USD 18.41
EUR 12.90


DATBLYGU - 1985-1995 - cd album
DATBLYGU - 1985-1995 - cd album
USD 18.41
EUR 12.90


ECTOGRAM -TALL THINGS FALLING -   cd album
ECTOGRAM -TALL THINGS FALLING - cd album
USD 18.41
EUR 12.90
M C MABON - MR BLAIDD - cd album
M C MABON - MR BLAIDD - cd album
USD 18.41
EUR 12.90


Similar products from this seller:

     
View all products of this seller




Home - About WillyFogg.com - Submit Your Shop - Information for Sellers - Terms and Conditions - Contact Us

Advertise on this site: AdWords, ISEDN


© 2005-2008 WillyFogg.com